Que ce soit à travers un séjour en pleine nature, dans un camping éloigné de tout réseau cellulaire ou à l’occasion d’une pause dans un spa silencieux… tous les prétextes sont bons pour délaisser les écrans. Dans nos vies occupées par la routine, la déconnexion est devenue essentielle. Voici pourquoi.
Les journées au cours desquelles nous ne sommes pas sollicités par des écrans se font de plus en plus rares. Courriels, réseaux sociaux, jeux… Même en vacances, les notifications ne s’arrêtent pas. « Le fait d’être constamment sollicité nous met dans un état d’hypervigilance. Ça gruge de l’énergie et ça nous met dans un état de stress parce qu’on est constamment en train de devoir répondre ou de vouloir être au courant de tout », explique la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier.
C’est pourquoi un constat est sans appel : il faut se donner des occasions de décrocher, surtout quand on veut profiter pleinement de ses vacances. « En se déconnectant, je vais pouvoir récupérer sur le plan cognitif, mais aussi me reposer sur le plan physique », poursuit-elle.
« La déconnexion peut favoriser le sommeil, surtout quand les écrans et les notifications prolongent l’activation du cerveau en soirée. Il faut savoir aussi que se déconnecter aide à être plus présent auprès des autres et à profiter de ce qui nous entoure », continue l’experte membre de l’Ordre des psychologues du Québec qui insiste aussi sur un autre phénomène. « On a parfois l’impression qu’il faut performer ses vacances. Chacun y va de sa publication sur les réseaux sociaux et cela peut pousser à se comparer. Regarder en permanence les activités des autres peut donner l’impression qu’on n’en fait pas assez et l’on peut passer à côté de l’essentiel. »
Alors, pour franchir réellement le pas de la déconnexion, le choix du lieu est très important. « Le contexte est important, car le fait de séjourner dans un endroit où le réseau cellulaire est limité ou inexistant peut naturellement favoriser la déconnexion. De plus, il faut prendre en compte l’entourage, car si je vais dans un endroit où tout le monde a son téléphone, cela sera beaucoup plus difficile pour nous de laisser le nôtre de côté », observe la psychologue.
Mais inutile de s’isoler complètement dans une tente pendant une semaine pour laisser les écrans. Même quelques heures dans un spa silencieux peuvent avoir des effets positifs. Ce genre de pause peut en effet « contribuer à réduire le stress, à améliorer l’humeur et à augmenter le bien-être ressenti dans le moment présent ».
Attention toutefois, essayer de se déconnecter, c’est comme reprendre le sport. Inutile d’y aller trop brusquement, au risque de ne pas bien vivre l’expérience. « Se couper brusquement n’est pas forcément agréable. Chez une personne très attachée à son téléphone, les premiers jours peuvent s’apparenter à un sevrage. C’est pourquoi il va falloir passer par un état de mal-être et d’inconfort pour arriver à goûter aux bénéfices », prévient Geneviève Beaulieu-Pelletier.
Le séjour de détente loin des tracas du quotidien et du travail fait du bien au corps et au mental, mais cela ne peut pas régler tous les problèmes. C’est pour cela que la déconnexion doit perdurer au-delà d’un passage par le spa ou par un camping hors réseau cellulaire. Le but : éviter que les mauvaises habitudes ne reprennent le dessus. « L’objectif n’est pas seulement de viser une semaine de déconnexion, mais d’être capable de la vivre au quotidien », résume-t-elle.
Ainsi, Geneviève Beaulieu-Pelletier conseille d’avancer pas à pas. « Il est important d’éviter les écrans pendant la première heure du matin ou avant le coucher. On peut essayer de prendre ses repas sans téléphone ou encore de bannir tous ces appareils de la chambre. » La psychologue est aussi ferme sur un point : « Protégez autant que possible vos vacances du travail. Avisez vos collègues que vous serez difficilement joignable. » Alors, si vous êtes convaincus que vous avez besoin de déconnecter, faites de vos vacances le point de départ de nouvelles habitudes pour votre santé mentale.
Vouloir s’éloigner des écrans et déconnecter en vacances, c’est bien… mais cela ne peut pas s’improviser. Pour savoir comment s’y prendre, nous avons posé la question à Laurie Michel, fondatrice de Vivala et autrice du livre Moins d’écrans, plus de moments présents.
Comprendre pourquoi cela peut être difficile
Ne pas être joignable ou délaisser, le temps d’un congé, sa vie professionnelle peut être une source de stress. C’est pourquoi : « Il faut dans un premier temps essayer d’identifier quelles sont les pressions que la personne va ressentir à l’idée de déconnecter », explique Laurie Michel. Identifier le problème c’est déjà trouver une solution.
Ne pas se sentir obligé d’être disponible en permanence
Les outils numériques, les réseaux sociaux et autres messageries instantanée nous rendent disponibles en tout temps. « Il faut différencier l’accessibilité et la disponibilité réelle, donc reprendre du contrôle sur le moment où je me rends disponible », explique Laurie Michel. « Apprenez aussi à gérer les attentes de votre entourage et posez vos limites. »
Ne pas craindre de s’ennuyer
« On a développé une manie de combler chaque instant de pause avec du numérique », constate Laurie Michel. L’experte recommande donc de changer doucement ses habitudes. « S’entraîner à avoir des instants d’attente, d’ennui même, à patienter sans rien faire et à laisser son esprit vagabonder, c’est un entraînement intéressant à faire avant et pendant ses vacances. »