« Tu peux donner du poisson à quelqu’un, mais tu peux aussi lui apprendre à pêcher. » Ce proverbe me rejoint beaucoup, surtout dans mes liens avec les jeunes en ce qui concerne la pratique de la pêche et la chasse. Mais pourquoi ce type de « coaching » m’habite-t-il autant et pourquoi je m’implique en ce sens? La réponse est simple : c’est parce que j’y crois et j’estime que c’est encore plus d’actualité en 2026 avec l’anxiété et les diverses formes de pression que nos jeunes indiquent ressentir. J’y crois aussi, car je sais que Mère Nature excelle à enrober nos jeunes.
J’ai commencé à pêcher le ruisseau derrière la maison en même temps que j’entrais en maternelle. Afin d’obtenir du succès, j’ai compris tôt, avec ma petite canne à 5 $, du temps qu’il fallait que je mette à comprendre le ruisseau pour développer l’art de pêcher moi-même du poisson.
C’est donc dans cette quête de trésors comestibles et en découvrant des chutes et des courants aux fonds rocheux que se sont inscrites en moi mes premières vraies leçons d’écologie et d’éveil à la biodiversité. Voir une chute et entendre ses murmures étaient beaucoup plus stimulants pour mes sens que de voir la même chose devant notre téléviseur. Au gré de mes découvertes, je développais une meilleure compréhension de cet univers et le goût de prendre du poisson m’emmenait de plus en plus loin physiquement et mentalement.
J’ai donc commencé à emprunter des livres à la bibliothèque sur les sujets entourant les animaux et tous les aspects de la vie sauvage. À mes yeux, la forêt est devenue un vaste royaume de chasse aux trésors! Si je voulais manger des perdrix, je devais connaître les habitats et les arbres dans lesquels elles se nourrissaient. Comme avec ma canne à pêche, je devais aussi développer de l’adresse en manipulant adroitement mon petit fusil.
Quand j’ai commencé à parler de chasse et de pêche à mon école – avec des yeux grands comme des deux piastres – plusieurs jeunes ont manifesté de l’intérêt à m’accompagner. Le concept de croire et de partager cette passion était né!
Dans les dernières années, un nombre grandissant d’initiatives visant à connecter les jeunes sur une formule « iFaune » (plutôt que iPhone) ont vu le jour au Québec. L’Académie de pêche du Lac Saint-Pierre en sera à sa 19e saison d’existence durant l’été 2026. Son camp d’été, notamment, est fort populaire auprès des jeunes. L’Académie a pour objectif d’éduquer et de rendre les jeunes plus accomplis envers la pêche et la nature en général. La beauté de l’affaire, c’est qu’aujourd’hui, ce sont des anciens académiciens qui accueillent les nouveaux participants!
Également, une école de Mont-Laurier a mis sur pied un programme pêche-étude l’an dernier. L’objectif est d’influencer positivement la persévérance académique et ce qu’ils ont appelé « l’accrochage » scolaire. Cette initiative a été un franc succès! Pour les gens qui valorisent ce type d’initiative, il est évident que le Québec offre une tonne de possibilités en ce sens. La transition relève et familles s’observe aussi chez plusieurs pourvoyeurs, dans le réseau de la Sépaq et des zecs.
Il est dorénavant connu que le niveau d’anxiété présent chez nos jeunes inquiète. Puis, les recherches prouvent qu’un des meilleurs moyens de relativiser cette anxiété survient lorsque le jeune concerné s’adonne à des activités dans la nature, dont la chasse et la pêche. L’équipe de Chasse Québec, qui guide des jeunes pendant des séjours en forêt, dit observer des jeunes complètement transformés après un long week-end d’immersion et d’initiation sans réseau et sans écran devant leurs yeux.
Preuve du vent de changement et conscient de l’importance de s’occuper de la relève à la chasse, le ministère de l’Environnement en sera à sa septième édition du week-end de la relève à la chasse en novembre 2026. Cette initiative permet aux jeunes de 12 à 18 ans et aux nouveaux chasseurs et chasseuses d’avoir un week-end juste pour eux afin de traquer le cerf de Virginie.
On dit qu’une société en santé est une société qui se veut active. La nature contribue significativement à faire bouger nos jeunes. Promouvoir et faciliter toute occasion pour eux d’aller pratiquer des activités dynamiques en forêt représente un pas dans la bonne direction pour s’amuser, se découvrir et profiter de notre riche patrimoine faunique comestible.