« C’est vraiment la saison parfaite! », affirme Véronique Tessier, de la FQME. Et pour cause : l’automne au Québec offre aux grimpeurs des conditions idéales pour profiter pleinement de leur sport, tout en admirant des panoramas flamboyants.
L’automne est un moment idéal pour pratiquer l’escalade au Québec pour plusieurs raisons. D’abord, pour la température. « L’été en plein soleil, avec la radiation sur les rochers, ça peut vite devenir épuisant, notamment sur des sites où les parois sont situées dans la face sud. À partir de septembre, les températures descendent et il y a moins de mouches. C’est vraiment la saison parfaite! », souligne Véronique Tessier, directrice des sites d’escalade extérieurs à la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME). À l’automne, on pourra profiter pleinement des sites au soleil, alors qu’à l’été, on va chercher davantage de sites ombragés pour éviter la chaleur.
Aussi, contrairement au printemps, où des blocs de roche ou de glace peuvent tomber en raison du dégel, le rocher est plus stable. « Ça devient donc plus sécuritaire puisque la roche qui était moins stable sera tombée. » En plus, c’est le temps des couleurs, ce qui laisse place à des vues magnifiques en hauteur.
Autre avantage : les amateurs d’escalade, ayant pratiqué tout l’été, vont être plus portés à réaliser des projets ou des lignes qu’ils n’étaient pas capables de faire en début de saison. « La performance devient plus intéressante », soutient Véronique.
Chaque saison comporte son lot de risques en escalade. En automne, il faut d’abord s’informer sur la période de chasse, car certains sites sont fermés pour cette raison. Aussi, bien que la température soit plus clémente, le soleil se couche également plus tôt. « Parfois, les gens s’engagent dans des voies multilongueurs durant une journée complète. Le matin, il peut faire plus frisquet, dans le jour il fait plus chaud, et le soir, la température change et chute drastiquement. C’est donc important de se prévoir plusieurs couches de vêtements supplémentaires », indique Véronique Tessier.
Elle ajoute qu’il est aussi important de bien connaîitre les gens avec qui on grimpe, ainsi que ses limites, ses compétences, son niveau. « Tout ça est pour éviter de se faire prendre à redescendre quand il fait noir », dit-elle.
« L’erreur humaine est la cause numéro 1 des accidents », indique Véronique. Pour cela, la FQME met beaucoup d’importance sur la formation et le respect de son niveau. « Souvent, à l’automne, les gens gagnent beaucoup de confiance, donc c’est là qu’il faut toujours garder une vigilance et être prudent. Il faut garder en tête nos manipulations et bien sonder notre niveau d’énergie et de fatigue. »
Pour les personnes qui commencent en escalade, l’organisation recommande fortement de suivre des cours et des formations. « L’escalade est un sport avec une barrière à l’entrée », souligne Véronique.
La paroi Kanata située à Saint-Rémi-d’Amherst gagne à être connue, croit Véronique Tessier. La FQME y a fait une mise à niveau cette année et y fait beaucoup d’entretien. Il y a de l’escalade pour tous les niveaux, en plus de l’escalade de bloc. « C’est un site moins achalandé et peu fréquenté, mais on ne sait pas pourquoi! », dit-elle.
De niveau intermédiaire à avancé, la paroi Baldy à Sainte-Adèle offre une escalade sportive. Le secteur des Dalles, multilongueurs mixtes, a une vue incroyable d’en haut. Les voies qu’on y trouve demandent de la force, de la résistance et une bonne technique.
Au Poisson blanc, l’expérience est assez unique. Il est possible d’assurer de son canot pour grimper! Il y a aussi maintenant un site en terre ferme. Le paysage avec le lac est par ailleurs très beau en automne et le site est moins achalandé en été. Il y a de tous les niveaux, ce qui rend le site intéressant pour tous. La paroi Éléphant et la paroi Écho dans le parc régional du Poisson Blanc sont deux sites à découvrir.
Au moment d’écrire ces lignes, la région de l’Outaouais n’a qu’un seul site d’escalade affilié à la FQME, soit la paroi d’escalade Panorama, située dans le parc régional de la forêt Bowman.
Cette paroi est un endroit idéal pour les familles et les débutants. La plupart des zones ont une base plate, ce qui permet aux familles avec de jeunes enfants de profiter de l’escalade dans un environnement sûr. Il y a aussi un mur-école, idéal pour ceux qui commencent.
La FQME est actuellement en train de conclure un partenariat avec le parc de la Gatineau. La Fédération va donc participer à la mise à niveau des sites d’escalade de chaque secteur du parc.
Ce site est intéressant puisqu’on y retrouve des lignes pour tous les niveaux. En plus d’être en plein soleil, il y a une belle vue en haut et le site est très accessible.
La falaise offre beaucoup de voies en faces raides. Il y a quelques fissures, des dalles et aussi de petits toits à surmonter. On retrouve aussi quelques « multi-pitch » de deux longueurs.
La paroi des grandes falaises est l’une des sept parois se trouvant dans le parc régional de la forêt Ouareau. Cette paroi se caractérise par ses longues voies. Orientée sud, elle est praticable toute la journée.
On aime ses belles vues en hauteur! Le secteur Contreforts possède une multitude de voies d’escalade, notamment pour les débutants qui commencent en multilongueurs.
Communément appelé « Chez Roger » (l’ancien propriétaire du site), le site d’escalade de Saint-Alphonse-Rodriguez est très apprécié et connu dans le milieu. De niveau intermédiaire à expert, c’est très sportif, « comme si on allait dans un gym », indique Véronique.
Le site offre plus de 190 voies de tous les niveaux sur un mur unique d’environ 500 mètres de long. On y trouve des voies sportives, mixtes et traditionnelles de 20 à 70 mètres de hauteur dans la forêt.
Toutes les informations sur les sites d’escalade dans Lanaudière se trouvent sur le site web de la FQME : fqme.qc.ca
Pour aller grimper sur un site d’escalade affilié à la FQME, il est obligatoire d’être membre, en raison des assurances et des conditions des propriétaires des lieux.
Mais les fonds amassés par l’adhésion à la Fédération servent aussi au développement et à l’entretien des sites. Bien que ce soient des bénévoles qui travaillent majoritairement sur le terrain, les fonds servent aussi pour l’équipement, la gestion administrative, l’appui aux organismes, etc. « Plus on est de membres, plus on a de poids et plus on peut investir dans nos infrastructures, offrir des services et appuyer les organismes », affirme Véronique.
Aujourd’hui, la FQME est gestionnaire de 75 sites d’escalade à travers le Québec et compte 9000 membres. Les sites affiliés à la FQME respectent des normes et standards au niveau de l’aménagement, ce qui permet une pratique de l’escalade dans un cadre sécuritaire.